Les idées clés de la journée

Les récentes avancées des neurosciences et les données recueillies à travers le monde montrent que le vécu du jeune enfant a un profond impact sur son développement cérébral et sur ses chances de réussir dans la vie. Aucun autre investissement dans le développement n’est plus rentable pour la population et pour l’économie d’un pays que l’investissement dans la petite enfance. Selon l’Index du Développement Humain de la Banque Mondiale, Le Sénégal enregistre une moyenne de 0,42 sur 1. Cela veut dire que les enfants qui naissent aujourd’hui ne réaliseront que 42% de leur potentiel.

C’est dans ce contexte qu’ImagiNation Afrika a organisé au mois de février une rencontre interactive destinée au secteur privé pour mener un plaidoyer fort en faveur des investissements dans la petite enfance. En effet, nous sommes convaincus que nous avons de plus en plus besoin d’un écosystème fort et efficace pour répondre aux besoins des jeunes enfants sur tous les plans.

Renforcer le capital humain demande des investissements et un panel d’interventions et de programmes qui ciblent le développement au début de la vie d’une personne. Nous nous efforçons donc de catalyser des conversations, partager des idées et des outils, faciliter des partenariats et créer des espaces pour relever ce grand défi pour les enfants du Sénégal et de toute l’Afrique.  Vous trouverez ci-dessous les idées clés qui étaient développés durant 4 ateliers tenu au cours de la conférence:


L’argent privé : Des investissements pour le bien public
Facilitateur : Tom Dilly, Investisseurs et Partenaires

Cet atelier animé par M. Tom DILLY d’Investisseurs et Partenaires (IetP) avait pour objectif de guider les participants sur les investissements qu’ils pourraient faire pour soutenir le développement de la petite enfance.

Idées et solutions

Les participants soumis à l’étude de cas ont été divisé en trois groupes répartis comme suit :

Les Groupes A et B représentent deux modèles d’école (premium pour l’un et standardisée pour l’autre) ayant besoin d’un financement pour se développer, et le groupe C représente les investisseurs d’impact.

La question centrale a été : Quels critères d’investissement choisirez-vous selon le modèle
de votre école ? 

  • Le groupe A (école Premium) a choisi d’ouvrir un seul établissement situé à Dakar mais souhaiterait s’étendre en ouvrant des écoles dans la périphérie et dans les capitales régionales. Il lui faut donc développer le nombre de ses éducateurs à travers la formation et le renforcement des capacités.
  • Le groupe B (école standardisée) a choisi de développer 10 écoles situées dans des zones péri urbaines et souhaite développer son réseau de 10 autres écoles en 5 ans dans tout le pays. Il lui faut donc former du personnel par des kits technologiques, trouver des partenariats avec les collectivités locales pour la location des locaux, le développement de la nutrition et l’accès à du matériel didactique peu couteux.
  • Le groupe des investisseurs (C) a opté pour une école qui permettra l’accès au plus grand nombre tout en ayant un enseignement de qualité approprié avec des formateurs qualifiés et la possibilité de formations continues. Les coûts peuvent être réduits grâce à des subventions de l’Etat et une gestion interne rigoureuse.

Réimaginer l’investissement privé pendant COVID-19 

Cette pandémie nous a montré l’importance des investissements dans l’infrastructure pour soutenir les enseignants ainsi que la formation des enseignants aux nouvelles technologies. Les enseignants doivent être mieux préparés à encadrer les étudiants sur les plateformes digitales et devraient avoir accès aux technologies qui permettent cette prise en charge des élevés. Cela nécessite un investissement de taille dans les entreprises qui développent de la technologie et de la formation destinées aux écoles et aux enseignants. 


L’employabilité : Bâtir l’avenir de l’économie sénégalaise
Facilitateurs : Karima Grant, Imagination Afrika ; Lamine Ndiaye et David Bruns, USAID

Cet atelier, présidé par l’USAID, a été animée par Mme Karima Grant directrice de ImagiNation Afrika. L’atelier avait pour objectif d’analyser en quoi et comment des programmes de qualité pour la petite enfance pourraient contribuer à la formation d’une main-d’œuvre forte et expérimentée.

Réimaginer l’employabilité pendant COVID-19 

La créativité, l’adaptabilité, la communication, la réflexion critique sont encore plus nécessaires pendant cette période de crise. Comment préparer les jeunes enfants pour faire face à ce genre de défis à l’avenir sachant que les scientifiques prédisent de plus en plus de bouleversement de ce type dans la vie quotidienne.  Les bases de ces compétences sont établies dès la petite enfance, le secteur privé est appelé donc à accompagner des initiatives allant dans le sens de l’acquisition de ces compétences clés. 

Idées et solutions

 

Aux deux questions faisant état des Problématiques en ressources humaines dans leurs entreprises, les employeurs présents dans l’atelier ont soulevé entre autres problèmes rencontrés chez leurs employés :

  • Le laxisme
  • Des standards assez bas

  • Des problèmes d’organisation

  • Un manque de formation

  • Un manque de capacité.

Alors qu’en matière de compétences, ils ont besoin d’employés faisant preuve de la pensée critique et d’une grande prise d’initiatives.

Pour renforcer le contexte du thème, les participants ont été invité à jouer au « Brain architecture game ». Le but du jeu est de comprendre les expériences sur le développement du cerveau, ce qui le favorise, ce qui le déraille, et avec quelles conséquences pour la société. Ce jeu permet ainsi d’acquérir une perspective mémorable et convaincante sur l’impact des expériences de la petite enfance tout au long de la vie.


Espaces publiques et planification urbaine
Facilitateur : Simon Battisti, Quendra Marrëdhënie/ Albanie

Cet atelier animé par l’urbaniste et directeur de Quendra Marrëdhënie Albanie, M. Simon BATTISTI, visait à étudier les possibilités de transformer les espaces informels d’un quartier au profit de toute une communauté, les enfants en particulier.

Réimaginer les espaces publiques pendant COVID-19 

Les espaces publiques ont été particulièrement impactés pendant cette crise mais nous avons vu une prolifération des espaces virtuels donnant aux gens l’opportunité de d’échanger, de partager leurs idées et même de s’amuser. Certains enfants se sont révélés aptes à l’utilisation des plateformes digitales pour la création des ‘espaces publiques virtuels’ qui répondent à leurs besoins de connexion et d’échange. Des exemples incluent la création de chaines Youtube pour l’échange des activités à la maison ou le partage de leurs productions artistiques et créatives. Un moyen de soutien à ces actions après COVID serait d’encourager les jeunes enfants dans cette approche créative en ouvrant l’accès aux outils pour ce type d’expression au plus grand nombre d’enfants.  

Idées et solutions

De cet atelier est sorti de idées d’aménagement d’espaces de jeu et de stimulation des jeunes enfants dans les quartiers. Ces idées ne nécessitent pas de trop grandes installations, mais la mise en œuvre de projets à échelle réduite et qui peuvent être bénéfique à l’amélioration des conditions de vie d’un quartier (customisation et protection des arrêts bus, trottoirs bien tracés, panneaux d’indication pour faciliter le déplacement de l’enfant, lampadaires pour un bon éclairage, etc.)


Penser la technologie et la petite enfance différemment
Facilitateur : YUX

Cet atelier animé par l’équipe de YUX, était destiné à faire voir aux participants que la technologie, à travers une approche de conception centrée sur la personne peut aider à trouver des solutions innovantes et transformationnelles aux défis rencontrés par les plus jeunes enfants.

Réimaginer la technologie et la petite enfance pendant COVID-19 

Les outils et plateformes digitales jouent un rôle encore plus important dans le partage des informations, des cours, et de jeux pour les enfants pendant COVID-19. Les opportunités s’ouvrent au secteur privé d’innover et d’imaginer des solutions pour répondre aux défis de l’enseignement, de répondre à des crises en fournissant de l’information et de créer des espaces de jeux et apprentissage en ligne. Les deux volets les plus importants sont le contenu créer à destination des enfants et leur entourage (enseignants, parents, autorités) et le développement des technologies qui facilitent la création et le partage de dudit contenu. 

Idées et solutions

Au terme de l’atelier de cocréation, les participants ont fait émergées des idées de prise en charge de la petite enfance à travers la technologie.  Par exemple, à la question Comment améliorer les problèmes de malnutrition chez les enfants
de 0 à 5 ans grâce à la technologie ? un groupe de participants a proposé de développer une page Facebook dénommée « Nguir sama wergou yarou dom » : l’aliment, le médicament idéal pour la bonne santé de nos enfants.  

La page permettra une large diffusion des contenus et une accessibilité aussi bien pour les alphabétisés que pour les non alphabétisés.  Les contenus de la page vont tourner autour de conseils, astuces, avis d’expert et partages d’expériences de parents sur l’alimentation et la santé des enfants.


Le déjeuner des solutions

Mettre à profit l’heure du déjeuner pour initier des rencontres informelles et des discussions autour de différents thèmes en lien avec le développement de la petite enfance.


TABLE 1 :

La Parentalité : Comment être un bon parent ?
Haleinta Traoré , UNICEF

Autour de cette table, l’animatrice Mme Traoré a développé l’argument selon lequel, L’éducation parentale doit être proposée comme un complément à l’éducation formelle, en prenant appuis sur des expériences auprès de familles réfugiées en Côte d’Ivoire. Les participants ont toutefois remarqué que toutes les expériences ne sont pas transposables et qu’on doit penser aux acquis des communautés locales. L’exemple des contes et légendes racontés à l’enfant est assez illustratif puisque, dans la plupart des histoires, on note une bienveillance à l’endroit de l’enfant. En commun accord avec les participants, Mme Traoré estime que le Sénégal gagnerait à formaliser des programmes de soutien à la parentalité.


La Formation des enseignants
Fa DIALLO, Institut Académique des Bébés et Yoshie KAGA, UNESCO

Les animatrices ont soulevé la difficulté de trouver de bons enseignants ayant une bonne formation dans le secteur de la petite enfance. Le problème de l’accès à la formation continue (et des problèmes financiers y afférant) est un gros handicap pour les éducateurs et se traduit par une baisse du niveau des élèves.


Jouer dans la ville
Karima GRANT, ImagiNation Afrika

Par un petit jeu, il a été initié un tour de table et chacun des participants a été invité à proposer un projet réalisable pour les enfants dans la ville, sans pour autant titiller l’urbanisme. Des idées ont été émises comme l’exemple d’utiliser les écoles pour les activités extra scolaires, l’utilisation des supermarchés (illustré par un dessin) le street art avec les enfants qui peuvent s’amuser à dessiner sur des murs, aménager des trottoirs avec par exemple des chiffres dessinés dessus pour pousser l’enfant à jouer, à compter, etc.


La Nutrition
Siny SAMBA, Le Lionceau

Les discussions de cette table ont tourné autour des 1000 premiers jours de l’enfant 270 jours de la grossesse plus les 730 premiers jours de la vie d’un enfant) et de l’impact de la nutrition pendant cette période sur le développement. L’animatrice est tombée d’accord avec les participants, sur le fait que durant cette période des 1000 premiers jours, les parents ainsi que les enfants doivent avoir une alimentation variée et équilibrée afin d’avoir tous les apports en vitamines et minéraux nécessaires à un bon équilibre et à une bonne santé générale.